De 1990 à nos jours : Le pouvoir d’un mouvement

×

Message d'erreur

Deprecated function : Methods with the same name as their class will not be constructors in a future version of PHP; mPDF has a deprecated constructor dans include_once() (ligne 38 dans /var/www/dev.takebackthetech.net/drupal7/sites/all/modules/print/print_pdf/lib_handlers/print_pdf_mpdf/print_pdf_mpdf.module).
Samedi, Novembre 25, 2017
 
Nous célébrons aujourd’hui la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui rend hommage aux sœurs Mirabal, montre que la violence basée sur le genre fait partie des droits humains, et marque le début des 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre (VBG). À l’occasion du lancement de la campagne de 16 Jours de Réapproprie-toi la technologie ! dédiée au passage en revue du mouvement contre la VBG, il était important de revenir sur les débuts de ce mouvement.
 
S’il est vrai que depuis toujours, les femmes font preuve d’une grande capacité à résister à la violence de diverses manières, il aura fallu attendre la fin du vingtième siècle pour que le droit des femmes à vivre sans violence ne soit formellement reconnu à niveau international. En 1979 les Nations Unies ont adopté la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), un traité international qui a depuis été ratifié par 189 nations, malgré des réserves dans de nombreux cas. Les seuls États qui n’ont ni signé ni ratifié le traité sont les États-Unis, l’Iran, Niue, les Palaos, le Saint-Siège, la Somalie, le Soudan et Tonga.
 
En 1993 la Déclaration et le programme d’action de Vienne, une déclaration des droits humains adoptée lors de la conférence mondiale sur les droits de l’homme, exhortait l’Assemblée générale des Nations Unies à adopter la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, affirmant que :
 
Les violences qui s’exercent en fonction du sexe et toutes les formes de harcèlement et d’exploitation sexuels, y compris celles qui sont la conséquence de préjugés culturels et d’une traite internationale, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et doivent être éliminées. On peut y parvenir au moyen de mesures juridiques et grâce à une action nationale et à la coopération internationale dans divers domaines comme le développement économique et social, l’éducation, la protection de la maternité, les soins de santé et l’aide sociale.
 
Quelques mois plus tard, l’ONU a effectivement adopté la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui stipule :
 
L’exercice et la protection de tous les droits de la personne humaine et des libertés fondamentales doivent être garantis aux femmes, à égalité avec les hommes, dans les domaines politique, économique, social, culturel, civil et autres. Au nombre de ces droits figurent :
 
(a) Le droit à la vie ;
(b) Le droit à l’égalité ;
(c) Le droit à la liberté et à la sûreté de la personne ;
(d) Le droit à une égale protection de la loi ;
(e) Le droit de ne subir de discrimination sous aucune forme ;
(f) Le droit au meilleur état de santé physique et mentale possible ;
(g) Le droit à des conditions de travail équitables et satisfaisantes ;
(h) Le droit de ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
 
Finalement en 1995, la quatrième conférence mondiale sur les femmes a rédigé la Déclaration et plate-forme d’action de Beijing, un ensemble de principes qui affirme l’égalité de genre et émet des recommandations dans douze domaines d’intérêt, y compris la violence à l’égard des femmes. Ces importants documents ont favorisé le passage à l’action de divers États concernant la violence basée sur le genre, mais ce sont les défenseurs et activistes qui ont créé la volonté politique nécessaire pour que l’ONU et les représentants des gouvernements abordent ces questions. En fait, la conférence de 1995 a rassemblé pour la première fois 17 000 participants et 30 000 activistes à Beijing, venus du monde entier pour faire avancer la question des droits humains des femmes.
 
Deux ans avant la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Centre pour le Leadership Mondial des Femmes (Center for Women’s Global Leadership) de l’Université Rutgers aux États-Unis avait déjà lancé les 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, commençant avec la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre pour prendre fin lors de la Journée des droits de l’homme du 10 décembre. L’une des premières actions menée pour les 16 Jours a été de faire signer une pétition appelant le Comité préparatoire à la conférence de Vienne de 1993 de trouver une solution globale à la question des droits humains des femmes et de reconnaître que la violence à l’égard des femmes constitue une violation des droits humains. Malgré l’absence des technologies numériques dont nous bénéficions aujourd’hui, la campagne a tout de même réussi à obtenir un million de signatures !
 
Plus de 5000 organisations de 187 pays ont mené ou participé aux campagnes de 16 Jours, sans compter les nombreuses personnes qui se sont jointes à l’appel chaque année, et Réapproprie-toi la technologie ! a fait partie des 16 Jours depuis notre création en 2006. Découvrez notre frise chronologique interactive pour mieux connaître l’histoire de Réapproprie-toi la technologie ! Saviez-vous que notre nom s’inspire des manifestations de Réapproprie-toi la nuit (« Take Back the Night » en anglais) qui sont nées sur les campus universitaires de villes comme Philadelphie ou encore Bruxelles ?
 
Les manifestations et les autres actions hors-internet restent des composantes essentielles du mouvement malgré le pouvoir des hashtags comme #balancetonporc, #NiUnaMenos et #BringBackOurGirls. L’an dernier par exemple, des centaines de milliers de femmes ont marché en Amérique latine pour Ni Una Menos, et cette année on estime qu’elles étaient environ cinq millions de 82 pays pour la Marche des femmes. Mais il y a constamment des marches, des manifestations et d’autres actions dont les médias ne parlent pas autant, et un énorme travail invisible se cache derrière le mouvement.
 
Revisiter notre histoire renforce notre résistance d’aujourd’hui. Retrouvez les actions de notre appel et joignez-vous à notre campagne pour ce voyage dans le temps qui vous fera découvrir des histoires et des expériences susceptibles d’augmenter notre pouvoir collectif. Orientez votre navigateur pour exploiter la force des nombreux activistes qui sont passé(e)s avant nous et se rassemblent aujourd’hui. Revisitez pour résister ! Réapproprie-toi la technologie !

Téléchargez les fichiers multimédia sur un Musée des Mouvements.
Faites part de vos souvenirs, idées et questions sur Twitter avec #FeministMemory.